IVAN SAROKAN

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Ivan Sarokan est né le 1er septembre 1983 à Moscou. D'origine Polovtse et de culture française, ballotté entre Paris, la Guadeloupe et la Normandie, où il a écrit ses premiers romans, Ivan Sarokan a exercé divers métiers de vitrier à guide de montagne en passant par barman. Retiré depuis neuf ans dans un refuge taoïste au pied du Mourre Nègre, Sarokan a écrit une quarantaine de romans qui parlent de la mémoire, de la désillusion, du nécessaire renoncement à toute passion.

Les deux figuiers

Un premier roman

publié aux éditions du Luberon.

Retravailler l'histoire familiale comme s'il s'agissait d'un roman policier. Faire de son arrière-grand-père un assassin. Dans le Marseille des années 1900, il y a d'abord Bonifay, le boulanger devenu meneur d'hommes, ravalé au rang de cantonnier par la faute de l'armateur Vuillemard. Il y a Jean-Baptiste, le voyou embourgeoisé, amoureux au point de tuer ; et aussi les familles, bien pensantes et omniprésentes, les chauffe-pieds de Vuillemard ramenés du continent noir pour soigner la goutte du patron, Taras Boulba le serveur à plateau du café riche, et Joseph l'Ancien, le douanier chargé de mener l'enquête sous le contrôle des Brigades du Tigre. Car la politique veille au dessus des humbles citoyens ; personne ne peut lui échapper, pas même monsieur Paul et monsieur Marcel les inévitables barbeaux protosabianistes. Parfois des expressions provençales viennent émailler les conversations, mais soudain deux ou trois mots en lingala et en bambara viennent rappeler que la ville fut de tout temps cosmopolite. Et puis il y a les figuiers, parce qu'en dépit de leur intégration citadine, les protagonistes demeurent encore attachés à la terre, à leurs racines ; et même s'ils tentent de s'en défaire, ils ne peuvent pas tout à fait s'en débarrasser.

Les deux figuiers

Le jour naissait au-dessus des Réformés et Léopold avait pris son café à l’angle du cours Belzunce, un bon café bien noir trempé d’un demi-sucre, puis il avait rejoint ses hommes. Ils l’attendaient devant l’eau noire de la Joliette ; les premières lueurs dessinaient des crêtes de safran entre les coques des navires marchands. Conformément aux rumeurs qui avaient couru l’avant-veille jusqu’à ses oreilles (dont le lobe s’était allongé avec les années), aucun des portefaix n’avait voulu le suivre. Aujourd’hui, personne ne monterait à bord des cargos chargés de grains de la Compagnie Marseillaise Maritime de Navigation. Les autres meneurs d’hommes n’avaient pas eu plus de succès que lui...

Pour d'autres extraits, voir le site sur Babelio

Pour la présentation du roman lors de son premier lancement à Lauris, sur le site de la Provence

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